Après 17 ans à se concentrer uniquement sur les pièces officielles LEGO, Bricklink a annoncé aujourd’hui un virage majeur : l’ouverture de la plateforme aux produits BrickArms. Et probablement, dans un futur proche, l’arrivée de briques et pièces « compatibles » d’autres marques que LEGO

Bricklink BrickArms

Un peu d’histoire : Bricklink, le principal marketplace dédié à l’univers LEGO, a été créé en 2000 par Daniel Jezek, un fan de LEGO, qui l’a développé et administré jusqu’à son décès en 2010. Après quelques années de transition, la plateforme a été rachetée en 2013 par Nexon, géant sud-coréen dans le secteur du jeu en ligne.

Ce rachat avait beaucoup fait réagir à l’époque les fans purs et durs, qui y voyaient l’arrivée d’une vision business pas forcément compatible avec leur passion (même si Bricklink était déjà une source de profit pour son auteur avant, ce n’est pas Nexon qui a mis en place le système de commissions que payent les vendeurs). Mais les plus optimistes y voyaient aussi l’arrivée possible de moyens importants pour moderniser la plateforme et la rendre plus efficace.

Business is business, Nexon a décidé d’élargir l’inventaire en ligne aux produits BrickArms (via un inventaire dédié, le détail de l’annonce est accessible à cette adresse). Pour ceux qui ne connaissent pas BrickArms : c’est une société qui produit et commercialise des armes et minifigs custom « compatibles LEGO ». Souvent, si vous voyez des photos de minifigs avec des armes « réalistes » qui n’existent pas chez LEGO, ou des tenues type Première/Seconde Guerre Mondiale, il y a de bonnes chances qu’elles viennent de là (ou des copies chinoises).

BrickArms

Les produits BrickArms étant de bonne qualité et LEGO étant absent de ce créneau, certains seront ravis de les voir désormais accessibles via Bricklink. Mais d’autres ont déjà commencé à manifester leur profond désaccord suite à cette décision et crient à la trahison de la mémoire de Daniel Jeze, avec des menaces de transfert des boutiques vers le concurrent BrickOwl. Wait & see.

Car au delà de cette première décision, c’est la volonté affichée « d’offrir une sélection plus large de briques » et de devenir « une destination pour les fans en tous genres de briques » qui soulève des questions. En introduisant la notion de « marque » sur la plateforme, et avec en plus le récent rachat par Bricklink de Brickly, une société qui essayait de pousser des « briques compatibles de qualité », cela commence à faire plusieurs signaux dans le sens d’un élargissement du catalogue à des briques et pièces « non LEGO »… Bye bye le doux surnom de « Unofficial LEGO marketplace » ?

Mais cette évolution est en fait assez logique pour Bricklink, qui ne fait que s’adapter à l’évolution actuelle du marché de la brique. N’en déplaise aux fans absolus de LEGO qui voudraient voir le marketplace rester 100% LEGO, Bricklink est désormais la propriété de Nexon qui a bien l’intention de faire fructifier son investissement. Et au delà des réactions à chaud, cela ne me semble d’ailleurs pas forcément être un problème majeur tant que l’expérience utilisateur est au rendez-vous et que la marque des produits en vente est explicitement mentionnée. Et je pense que de nombreuses boutiques resteront de toute façon 100% LEGO.

C’est finalement cela qui m’intrigue le plus : si des briques compatibles arrivent un jour, comment Bricklink arrivera-t-il à faire coexister plusieurs catalogues (en termes de référencement, de wanted lists, etc…) sans que cela ne devienne d’une complexité rédhibitoire pour les vendeurs et les acheteurs ? L’avenir tient en fait surtout à cette question…

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Edit : réponse officielle de Bricklink au sujet des briques d’autres marques : cela fait partie de leurs plans, même si rien n’est encore planifié et que ces marques devront atteindre de hauts niveaux de qualité et popularité à l’image de BrickArms.

« Are we planning on adding more brands (such as Lepin or Megablox) after this? No. Are we open to it? Yes! However, for another brand to even be considered it would have to reach what BrickArms has achieved as far as quality and popularity. »

Bricklink ouvre sa plateforme à BrickArms et s’éloigne du 100% LEGO
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6 commentaires sur “Bricklink ouvre sa plateforme à BrickArms et s’éloigne du 100% LEGO

  • 7 décembre 2017 à 13 h 47 min
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    Bah c’est là le souci : y voir arriver peu à peu des marques de contrefaçon comme Lepin.
    En même temps, je n’ai vu aucun site spécialisé en Lego, faisant des liens vers Amazon ou Cdiscount, en faire le boycott alors qu’ils laissent diffuser du Lepin su leur marketplace.
    Bricklink finira donc dans ce sens, vu qu’en supplément, ça appartient à une boite asiatique.
    « vous avez voulu éviter la guerre en y laissant votre honneur, vous aurez le déshonneur et la guerre ».

  • 7 décembre 2017 à 16 h 26 min
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    Je ne vois pas ce que la dernière phrase a à voir avec les news, mais bon…

    Content de voir du brickarms, c’est de la bonne qualité, et ça permettra peut être d’avoir de la concurrence au niveau prix et du choix à l’unité.

    Pour Lepin et compagnie, y a Aliexpress, on peut déjà trouver les briques à l’unité là bas, donc bon courage pour concurrencer ça, surtout avec les frais de port gratuit. 😉

  • 7 décembre 2017 à 17 h 04 min
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    C’était déjà une usine à gaz ce site, ça va pas s’arranger…

  • 7 décembre 2017 à 17 h 50 min
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    C’est une évolution normale, même si perso, je suis pas convaincu de la bonne idée pour les AFOLs.
    Bricklink est une entreprise dont le but est de faire du profit, il est de leur intérêt de développer leur activité sans attendre que d’autres le fasse à leur place. Surtout qu’il bénéficie d’une bonne réputation une grosse base d’utilisateurs et d’une plate-forme éprouvée.
    Donc tout bénéf pour eux.

    Après l’idée de voir apparaître des marques comme LEPIN, je suis moins sur du moins dans un avenir proche car pour beaucoup de vendeurs pro (c’est à dire déclarés) dans le monde, vendre de la contre façon pourrait être répréhensible devant la loi.

  • 7 décembre 2017 à 18 h 00 min
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    Pour Lepin, je pense que les vendeurs Bricklink pourraient parfaitement vendre la plupart des briques et pièces à l’unité sans aucun souci juridique (mais pas les minifigs qui sont encore protégées par un brevet). Tant qu’ils ne vendent pas directement les copies Lepin de sets LEGO (où il y a du coup le sujet de la propriété intellectuelle), vendre des briques LEPIN n’est pas très différent de vendre des briques Mégablock ou autres.
    Après, j’imagine que cela se jouera plutôt sur une dimension éthique et/ou personnelle : certains vendeurs refuseront de vendre des briques Lepin (ou autres clones ou copies) par principe, quand d’autres y verront l’opportunité de développer leur affaire.
    Mais bon, on n’en est pas encore là !

  • 7 décembre 2017 à 18 h 59 min
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    Quand je parlais de LEPIN, je faisais plutôt référence à la revente de set et non de pièces à l’unité. Dans le second effectivement, il y a peu de chances pour les vendeurs d’être inquiétés.

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